découvrez les principaux inconvénients de poser du carrelage sur un carrelage existant : risques d'adhérence, épaisseur accrue, et conseils pour une rénovation réussie.

Quels sont les principaux inconvénients à poser du carrelage sur du carrelage ?

Poser du carrelage sur un revêtement existant représente une solution séduisante pour beaucoup de propriétaires désireux de moderniser leur intérieur sans engager de lourds travaux de démolition. Cette approche promet souvent gain de temps, réduction de la poussière et maîtrise du budget. Cependant, l’expérience du terrain révèle une réalité moins idyllique. Des portes qui frottent à la moindre surépaisseur, des décollements inattendus dus à une humidité sous-jacente ou une adhérence insuffisante, les mauvaises surprises peuvent transformer une rénovation simple en un véritable casse-tête. Cet article a pour objectif de détailler, avec pragmatisme, les principaux inconvénients liés à cette technique, les risques à moyen terme et les situations où la dépose s’impose comme la solution la plus raisonnable.

Les récits de chantiers malheureux ne manquent pas, qu’il s’agisse de pavillons des années 70-80 ou d’appartements intégralement carrelés. On observe des situations concrètes où un nouveau carrelage se décolle après quelques hivers, ou encore un plancher en bois qui supporte difficilement le poids additionnel. Ces exemples illustrent que le succès d’une telle opération ne repose pas uniquement sur le choix esthétique des carreaux, mais fondamentalement sur la stabilité du support existant, la rigueur de la préparation de surface et la capacité structurelle de l’ensemble. Avant de se projeter dans la décoration, il est impératif de comprendre ce qui se trouve en dessous et d’anticiper la manière dont cette superposition évoluera dans le temps. C’est précisément ce que nous allons explorer, en fournissant des repères chiffrés, des retours d’expérience et des alternatives pour éviter de se retrouver piégé par une rénovation précipitée.

Pose de carrelage sur carrelage existant : les critères indispensables avant de se lancer

Avant d’envisager la moindre intervention, la question essentielle n’est pas tant la faisabilité de poser du carrelage sur un revêtement existant, mais plutôt de déterminer si le support s’y prête réellement. Dans l’univers de la gestion de biens et de la rénovation, nous constatons que l’étape du diagnostic initial, lorsqu’elle est négligée, conduit presque systématiquement à des désillusions. Le premier élément à évaluer concerne la stabilité du carrelage en place. Un carreau qui sonne creux sous un maillet, un joint qui s’effrite ou une zone présentant un léger mouvement sous le pied sont des signaux d’alarme incontestables. Si plus de 10 % de la surface présente de tels défauts, une simple réparation de quelques carreaux ne suffit plus ; une dépose complète doit être sérieusement considérée.

La planéité représente un autre point souvent sous-estimé. Les normes préconisent un écart maximal de 3 mm sous une règle de 2 m pour garantir un sur-carrelage de qualité. Pourtant, nombre de sols anciens sont caractérisés par des irrégularités, des creux près des murs ou autour d’anciennes cloisons. Tenter de compenser ces défauts avec des couches de colle excessivement épaisses ou des ragréages improvisés est une erreur fréquente. Cela augmente considérablement le risque de fissures et de décollements, car l’on excède l’épaisseur de colle carrelage recommandée. Pour une meilleure compréhension des limites à respecter, il est recommandé de consulter un guide spécialisé sur l’épaisseur de colle pour carrelage afin de ne pas compromettre la stabilité du sol.

La gestion de l’humidité est tout aussi primordiale. Une humidité sous carrelage non identifiée, des joints noircis en périphérie de douche ou des auréoles au plafond du logement inférieur sont des indicateurs clairs. Recouvrir une telle situation sans traitement préalable revient à emprisonner le problème. L’eau finira toujours par trouver son chemin, souvent via les angles ou les passages de canalisations, et viendra altérer la colle du nouveau revêtement. Les salles de bains, les cuisines mal ventilées ou les rez-de-chaussée sur terre-plein non isolés sont des zones où ce risque est loin d’être théorique.

Un cas concret, fréquemment rencontré dans le département du 91, illustre cette problématique : un appartement avec un carrelage ancien des années 80, caractérisé par des joints larges et plusieurs carreaux ébréchés. Le propriétaire, souhaitant une modernisation rapide, découvre en tapotant que plus d’une dizaine de carreaux sonnent creux. Plutôt que d’opter pour un sur-carrelage, la solution la plus judicieuse et durable est la dépose et la reprise totale du support. Cet exemple montre qu’il est souvent préférable de consacrer quelques jours à la dépose pour repartir sur des bases saines, plutôt que d’investir dans une rénovation à la durabilité incertaine.

Au-delà de ces vérifications, la nature du plancher sous le carrelage d’origine est cruciale. Une dalle béton épaisse offre une marge de manœuvre plus importante, tandis qu’un plancher en aggloméré ou OSB exige une prudence accrue. Ces panneaux supportent moins bien les surcharges et sont plus sujets aux phénomènes de flèche. Pour ceux qui s’interrogent sur la résistance de ces supports, des informations spécifiques sur les limites du plancher aggloméré et OSB sont utiles avant d’ajouter une couche supplémentaire. Si l’évaluation révèle un support stable, plan, exempt d’humidité et correctement dimensionné, la pose sur ancien carrelage peut être envisagée. Cependant, ce premier filtre élimine déjà un grand nombre de situations. La véritable sagesse réside parfois dans l’acceptation que la solution la plus rapide à court terme n’est pas toujours la plus pérenne sur le long terme.

Surépaisseur du nouveau revêtement : impacts sur l’aménagement et les coûts cachés

Une fois la faisabilité technique établie, un aspect souvent négligé des inconvénients liés à la pose de carrelage sur carrelage réside dans les modifications subtiles mais généralisées qu’elle induit dans l’habitat. Le premier impact direct est l’épaisseur ajoutée au sol. Entre un carreau traditionnel, d’une épaisseur de 8 à 10 mm, et sa couche de colle, qui représente en moyenne 3 à 5 mm, la surélévation atteint rapidement 1 à 1,5 cm. Ce chiffre peut paraître minime, mais son importance est capitale pour des éléments tels qu’une porte palière ajustée au millimètre près ou des meubles encastrés.

Dans la pratique, cette surépaisseur se traduit souvent par des portes qui frottent, voire qui ne peuvent plus fermer. Pour y remédier, des travaux de rabotage, de démontage et parfois même la reprise des huisseries deviennent inévitables. Les seuils de porte se transforment en petites marches, créant non seulement un désagrément esthétique mais aussi un risque de chute, particulièrement pour les personnes âgées. Quant aux plinthes, si elles étaient fixées sur l’ancien carrelage, elles se retrouvent « noyées » et exigent fréquemment une dépose et un remplacement, occasionnant des coûts imprévus dans le budget initial. Pour moderniser l’intérieur, il est crucial de considérer l’ajustement des plinthes avec le nouveau niveau du sol.

Le poids supplémentaire représente également une contrainte à ne pas sous-estimer. Un grès cérame standard pèse environ 20 à 22 kg/m², sans compter le poids de la colle. Poser un tel revêtement sur un carrelage existant double pratiquement la masse appliquée au plancher. Si une dalle béton saine supporte généralement bien cette charge, la question se pose avec acuité sur un plancher bois, un hourdis ancien ou une structure déjà un tant soit peu flexible. Une surcharge excessive peut entraîner des flèches prononcées, des vibrations sous le pas et, à terme, des fissures au niveau des joints ou des carreaux eux-mêmes.

Un autre effet collatéral, plus discret mais tout aussi réel, concerne les appareils encastrés. Lave-vaisselle, réfrigérateurs intégrables et meubles de cuisine ajustés « au millimètre » peuvent se retrouver bloqués, le jeu initialement prévu sous le plan de travail ayant disparu. Il faut alors rehausser l’ensemble des éléments, retoucher le mobilier ou accepter des finitions moins impeccables. Dans un espace restreint, ces quelques millimètres de surélévation peuvent engendrer un coût significatif en temps de reprise et en ajustements complexes. Enfin, la modification des niveaux peut impacter les écoulements dans les pièces humides. Une bonde de douche dont la pente devient insuffisante, un seuil de balcon perdant sa fonction de rétention d’eau, et les flux se dirigent vers des zones non prévues. Il devient alors évident que la surépaisseur n’est pas un simple détail esthétique, mais un paramètre technique central à considérer dès les premières réflexions sur le projet de rénovation.

Préparation de surface et adhérence compromise : l’étape où tout peut basculer

Une part significative des échecs rencontrés lors de la pose de carrelage sur un revêtement existant découle d’une étape trop souvent bâclée pour gagner du temps : la préparation de surface. Un ancien carrelage, surtout s’il est brillant ou émaillé, offre intrinsèquement une faible accroche. La colle adhère optimalement sur une surface rugueuse et parfaitement propre. Or, un sol ayant accumulé des années de graisses de cuisine, de produits d’entretien inadaptés ou de cire ne permettra pas une adhésion fiable avec un simple nettoyage superficiel.

Les professionnels du bâtiment suivent généralement un protocole rigoureux. La première phase consiste en un nettoyage intensif, utilisant un dégraissant ou un décapant spécifique, parfois complété par une monobrosse. Les gammes de produits techniques, disponibles auprès de réseaux spécialisés ou de marques réputées pour le nettoyage professionnel, sont conçues pour ces travaux délicats. Pour une utilisation domestique, il est sage de se renseigner sur des solutions éprouvées, telles que les produits Texam, afin d’éviter les mélanges inefficaces et potentiellement dommageables.

La seconde étape est le ponçage. L’objectif n’est pas de percer le carreau, mais de briser le glacis de surface. Un abrasif de grain 80 à 120, ou un disque diamant monté sur ponceuse, permet de rendre le carrelage légèrement mat, ce qui améliore considérablement l’adhérence. Après un nettoyage soigneux des poussières par aspiration, un primaire d’accrochage spécifique pour supports fermés est appliqué. Ce produit agit comme un pont adhésif entre l’ancien émail et la colle à carrelage moderne, notamment les colles flexibles formulées pour les sur-carrelages.

À ce stade, les erreurs classiques persistent : une dilution incorrecte du primaire, un temps de séchage non respecté, ou l’oubli de certaines zones périphériques. Une préparation défaillante est malheureusement souvent détectée trop tard, au premier signe de mouvement des carreaux quelques mois après la pose. Le problème est qu’une fois le nouveau carrelage en place, rares sont ceux qui souhaitent tout casser pour corriger une petite surface mal préparée. Pour illustrer concrètement les conséquences d’une préparation négligée, voici un tableau récapitulatif des cas fréquents observés, leurs symptômes et les solutions envisageables.

Problème de préparation Symptômes observés Conséquence sur la durabilité Correction possible
Nettoyage insuffisant Carreaux qui « claquent » au pas, zones sonnant creux Baisse de durabilité revêtement, décollements localisés Dépose partielle, reprise collage après décapage sérieux
Absence de ponçage Décollages précoces en zones de passage Risque d’arrachement sur 5 à 10 ans Ponçage ciblé, recollage, jointoiement adapté
Pas de primaire d’accrochage Carreaux qui se déplacent au jointoiement Sol fragile aux chocs et variations Rénovation lourde, souvent dépose recommandée
Support encore humide Tâches sombres sous certains carreaux, odeurs Dégradation de la colle, moisissures Séchage complet, traitement, reprise partielle ou totale

Un autre piège réside dans la gestion des anciens joints. Ceux-ci créent des reliefs qui, s’ils dépassent quelques millimètres, empêchent la colle de combler uniformément l’espace, engendrant des épaisseurs irrégulières et une fragilité de l’ensemble. Des micro-mouvements apparaissent alors à chaque passage. Dans ces cas, un ragréage de l’ancien carrelage, ou au moins un rebouchage minutieux des joints, devient indispensable. Enfin, le temps de séchage est trop souvent réduit pour accélérer le chantier. Une colle qui n’a pas atteint sa résistance maximale reste vulnérable aux chocs et aux charges concentrées, telles que les pieds de meubles ou d’électroménagers. Les chantiers réussis ont un point commun : une planification qui accorde au revêtement plusieurs jours de tranquillité, sans sollicitation prématurée.

Choix du carrelage : épaisseur, format et type impactant les risques

Le type de carrelage sélectionné pour une pose sur un revêtement existant joue un rôle majeur dans la prévision des risques. Bien souvent, l’attention se porte d’abord sur l’esthétique, le motif ou la couleur, alors que les premiers défis se situent au niveau de l’épaisseur du carreau, de son format et de la nature de son matériau. Les carreaux dits « slim » ou « skinny », dont l’épaisseur varie entre 3 et 6 mm, ont gagné en popularité. Leur principal avantage est évident : limiter la surépaisseur, et par conséquent, les complications liées aux portes et aux seuils. En contrepartie, ils exigent une mise en œuvre encore plus exigeante, car la moindre irrégularité du support est immédiatement perceptible.

Les formats moyens, tels que 30 × 30 ou 40 × 40 cm, offrent un compromis intéressant. Suffisamment grands pour moderniser l’aspect visuel d’un ancien sol, ils sont également plus tolérants et ne requièrent pas une planéité au millimètre près, contrairement aux grands formats de 60 × 60 ou 80 × 80 cm. Ces dimensions classiques constituent souvent la meilleure option lorsque l’ancien carrelage n’est pas parfaitement plan, même après un ragréage soigné. À l’opposé, les très grands carreaux, très en vogue dans les publications de décoration, multiplient les contraintes : poids accru, manipulation difficile, nécessité d’une planéité quasi-parfaite, usage de colle spécifique et double encollage rigoureux.

Au-delà des carrelages céramiques, d’autres solutions comme les lames vinyles (LVT) ou les sols stratifiés peuvent être posées sur un ancien carrelage. Ces produits réduisent la masse rapportée au sol et atténuent une partie des contraintes techniques. Cependant, ils répondent à leurs propres règles de mise en œuvre et d’entretien. Le risque ne concerne alors plus tant l’adhérence au carrelage que la résistance à l’humidité ou aux poinçonnements (pieds de meubles, chaises). Pour une vue d’ensemble des incidences de ces choix sur le chantier, voici un tableau synthétique mettant en regard le format, l’épaisseur et le niveau de risque sur un ancien carrelage.

Type / format de revêtement Épaisseur moyenne Effet sur la surépaisseur Niveau de risque sur ancien carrelage
Carrelage slim (3–6 mm) 3 à 6 mm Surépaisseur limitée, adaptation portes facilitée Moyen, nécessite support très bien préparé
Format moyen 30 × 30 / 40 × 40 8 à 10 mm Surépaisseur classique, à anticiper sur seuils Maîtrisé si planéité correcte
Grand format 60 × 60 et plus 10 mm et plus Surépaisseur forte, poids élevé par carreau Élevé si support imparfait
LVT clipsable 4 à 5 mm Surépaisseur faible Faible lié à la colle, mais sensible aux poinçonnements

Un exemple courant dans les maisons de lotissement : un salon carrelé en 33 × 33 cm, daté, que l’on souhaite remplacer par un grand format 60 × 60 cm imitation béton. Le support présente quelques irrégularités, corrigées par un ragréage. En théorie, le projet semble réalisable. Cependant, en pratique, au moindre défaut de niveau, les carreaux peuvent se toucher, se fissurer ou sonner creux. Sur une dalle légèrement souple, le risque est amplifié. Dans de telles configurations, un format moyen est souvent plus judicieux pour garantir une durabilité de revêtement satisfaisante. N’oublions pas la compatibilité entre le carreau, la colle et les conditions d’usage. En extérieur ou sur un balcon, par exemple, les facteurs comme le gel, l’eau stagnante et le temps de séchage des joints prennent une importance considérable. Il est alors essentiel de se référer à des indications spécifiques pour éviter de recouvrir un ancien sol par un nouveau revêtement posé trop rapidement avant une période de gel ou de fortes pluies.

Pour limiter les mauvaises surprises, voici une liste de points à passer en revue avant de trancher sur un modèle précis :

  • Mesurer les hauteurs sous portes et meubles fixes pour connaître la marge disponible.
  • Identifier le type de plancher (dalle béton, plancher aggloméré, hourdis) et sa capacité à accepter un poids supplémentaire.
  • Contrôler la planéité de l’ancien sol avec une règle de 2 m à plusieurs endroits.
  • Choisir un format de carreau compatible avec les défauts résiduels (éviter le trop grand sur un support imparfait).
  • Prévoir joint et colle adaptés à la pièce (pièce humide, extérieur, chauffage au sol, etc.).

Dangers à long terme : humidité, microfissures et décollements insidieux

Les désordres les plus problématiques ne se manifestent généralement pas immédiatement après la pose, mais plutôt après plusieurs saisons. L’humidité sous carrelage en est un exemple frappant. Lorsqu’un ancien sol présente des traces d’infiltrations passées, des joints noircis ou de légères remontées d’eau, le fait de recouvrir sans traiter revient à sceller hermétiquement la zone. L’eau, emprisonnée entre deux couches relativement étanches, va stagner, s’étaler et altérer progressivement les colles et mortiers. Les conséquences peuvent être des odeurs désagréables, des moisissures, des taches, et dans les cas les plus avancés, des décollements de carreaux en plaques.

Dans les salles de bains, où l’étanchéité des anciens logements est souvent précaire, la superposition de deux couches de carrelage aggrave le risque de cheminements d’eau incontrôlés. Une micro-fuite au niveau d’un joint de douche ne traversera pas toujours directement les carreaux, mais exploitera les interfaces entre les couches pour s’infiltrer. C’est typiquement ce qui arrive en l’absence de natte d’étanchéité sous le nouveau carrelage. Au fil des années, l’humidité affaiblit la colle, et le support carrelage d’origine se transforme en un « réservoir » invisible.

Les microfissures appartiennent à la même catégorie de désordres différés. Deux couches de carrelage, collées l’une sur l’autre, ne réagissent pas toujours de manière identique aux variations de température ou aux mouvements structurels. Ce phénomène est connu sous le nom de dilatations différentielles. Même faibles, ces différences génèrent des contraintes localisées au niveau des joints ou des bords des carreaux. Des petites fissures en toile d’araignée peuvent alors apparaître, ou des lignes plus nettes suivant l’emplacement des anciens joints recouverts.

Après quelques années, ces microfissures peuvent évoluer en ruptures franches, particulièrement aux points névralgiques comme les passages de porte, les angles, les seuils ou les jonctions avec d’autres revêtements. Le propriétaire se retrouve alors avec un sol d’apparence récente mais déjà endommagé, nécessitant parfois des reprises partielles. La durabilité du revêtement se révèle alors bien inférieure à celle qu’aurait offerte un carrelage posé sur une chape neuve, correctement dimensionnée. Un autre point rarement abordé est l’impact sur la qualité de l’air intérieur. Une zone de moisissure sous un double carrelage, invisible à l’œil nu, peut néanmoins affecter les voies respiratoires des occupants. Dans un logement mal ventilé, ces zones contribuent à une atmosphère intérieure dégradée, avec des odeurs persistantes et des irritations. Le lien avec le sol n’est pas toujours fait immédiatement, ce qui complique le diagnostic.

Pour limiter ces risques à long terme, trois réflexes s’imposent :

  • Traiter toute source d’humidité identifiée avant de recouvrir, quitte à intervenir sur l’ancien sol.
  • Prévoir une étanchéité rigoureuse en pièce d’eau, même sur un ancien carrelage, au-delà des simples joints « hydrofuges ».
  • Surveiller les premiers signes (joints fissurés, taches, carreaux sonnant creux) et agir rapidement sur les zones concernées.

Un sur-carrelage bien préparé et régulièrement inspecté peut tenir correctement. Néanmoins, ignorer ces phénomènes de fond en ne misant que sur l’esthétique de la couche visible représente une prise de risque que de nombreux chantiers regrettent amèrement après coup. Une démarche professionnelle implique une anticipation des risques, essentielle pour la sérénité du propriétaire.

Quand il est préférable d’éviter la pose sur carrelage : alternatives judicieuses

Il ne s’agit pas de condamner systématiquement la pose de carrelage sur carrelage. Cependant, certains contextes cumulent un tel nombre d’éléments défavorables qu’il devient impératif de repartir d’une base saine. Un cas typique est un ancien carrelage fissuré sur une grande surface, avec de nombreux carreaux décollés, des signes d’humidité et un plancher léger en dessous. Ajouter une nouvelle couche dans cette configuration équivaut à un pari risqué sur la solidité de l’ensemble. La prudence est alors de mise.

Dans d’autres situations, ce sont les contraintes d’usage qui rendent le sur-carrelage discutable. Une cuisine professionnelle, une entrée d’immeuble à fort trafic, ou un local soumis au passage de chariots lourds exigent une base d’une solidité irréprochable. La moindre faiblesse du support carrelage d’origine se répercutera lourdement en termes d’entretien et de réparations coûteuses. Une dépose complète, avec reprise de la chape si nécessaire, constitue alors un investissement pertinent pour la pérennité de l’ouvrage.

Pour ceux qui souhaitent éviter le bruit, la poussière et le coût d’une démolition, des solutions de rénovation plus légères que le sur-carrelage traditionnel existent. La peinture spécifique pour carrelage offre un relooking rapide pour les budgets limités, surtout si le sol est peu sollicité. Le béton ciré, appliqué en une couche fine sur un support préparé, ajoute peu d’épaisseur tout en offrant un rendu visuel moderne et homogène. Les résines époxy, plus techniques, fournissent une surface extrêmement résistante, idéale pour les pièces à fort passage ou soumises à des contraintes chimiques.

Le choix entre ces options dépend évidemment de l’état du support, mais aussi des attentes en termes d’esthétique, de durabilité et d’entretien. Par exemple, une petite salle de bains d’appoint peut parfaitement accueillir une peinture bien appliquée sur un carrelage stable, tandis qu’une cuisine familiale très utilisée bénéficiera davantage d’une solution plus robuste, voire d’une dépose complète. Il est également nécessaire d’intégrer dans la réflexion l’ensemble des travaux « satellites » que le sur-carrelage implique : le rabotage des portes, la reprise des plinthes, l’adaptation des seuils, la remise à niveau de certains équipements. En additionnant ces postes, le coût total d’un sur-carrelage peut se rapprocher, voire dépasser, celui d’une rénovation plus lourde. À budget presque équivalent, opter pour une base neuve procure une tranquillité d’esprit supérieure et une meilleure résistance à long terme.

Enfin, pour ceux qui envisagent de vendre leur bien dans quelques années, les choix de rénovation auront un impact sur la valorisation. Un sol double couche bancal, avec des décalages de niveau et des seuils approximatifs, peut décourager des acheteurs avertis. À l’inverse, un revêtement posé sur une base saine et solide constitue un atout non négligeable lors de la négociation immobilière. Il est donc crucial de peser chaque option avec soin, en considérant les enjeux à court et long terme.

Dans quels cas poser du carrelage sur carrelage reste une bonne idée ?

Cette solution reste intéressante quand l’ancien carrelage est bien collé, sans fissures ni carreaux qui sonnent creux, que la planéité est correcte et que la structure porteuse (dalle béton, plancher renforcé) accepte le poids supplémentaire. Elle convient aussi quand les hauteurs sous portes et sous meubles permettent d’encaisser 1 à 1,5 cm de surépaisseur sans gros travaux annexes.

Quels sont les risques principaux d’un sur-carrelage mal préparé ?

Les principaux risques sont le décollement de certains carreaux, l’apparition de microfissures au niveau des joints, la stagnation d’humidité entre les deux couches, voire des problèmes de moisissures. À cela s’ajoutent les contraintes pratiques : portes qui frottent, seuils transformés en marches, plinthes à reprendre et ajustements sur les équipements encastrés.

Comment vérifier rapidement la stabilité du carrelage existant ?

Un test simple consiste à tapoter chaque carreau avec un maillet en caoutchouc ou le manche d’un tournevis. Un son clair et franc indique en général un bon collage, un son creux signale un décollement partiel. Si plus de 10 % des carreaux sont concernés ou si de nombreuses fissures traversent la pièce, il vaut mieux envisager la dépose de l’ancien revêtement plutôt qu’un sur-carrelage.

Faut-il obligatoirement utiliser un primaire d’accrochage sur ancien carrelage ?

Sur un carrelage émaillé ou peu poreux, le primaire d’accrochage n’est pas un luxe, c’est quasiment indispensable. Il crée une interface entre l’ancien support lisse et la colle à carrelage, ce qui améliore fortement l’adhérence. Sans ce produit, même un ponçage sérieux ne suffit pas toujours à éviter les décollements à moyen terme, surtout dans les zones de passage.

Combien de temps faut-il laisser sécher avant de remettre les meubles sur un nouveau carrelage ?

En règle générale, il est prudent d’attendre au moins 48 heures avant de marcher normalement sur le nouveau carrelage et 5 à 7 jours avant de remettre en place des meubles lourds ou des appareils électroménagers. Ce délai laisse à la colle et aux joints le temps de développer leurs performances mécaniques et limite les risques de mouvements ou d’affaissements localisés.

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